Tourbières alcalines : le règne du calcaire et de la lumière
À l’opposé, les tourbières alcalines, aussi nommées « tourbières à bas-marais », se développent là où l’eau est riche en minéraux dissous, notamment en présence de roches calcaires — les dolines du Périgord Noir, ou les rebords de plateaux du causse. Leur pH, compris entre 6,5 et 8,5, façonne une communauté végétale radicalement différente.
À la place des coussins verts et acides, poussent saules arbustifs, orchidées rares, et carex variés. Ici, la tourbe est plus sombre, le tapis végétal plus ouvert, et la diversité en espèces de plantes à fleurs remarquable.
- Orchidées protégées : Certaines, comme l’orchis des marais, ne fleurissent qu’en présence d’eaux calcaro-marneuses.
- Odonates : Les tourbières alcalines du bassin de la Vézère sont fréquentées par des libellules comme la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii).
- Oiseaux nicheurs : Bruants, bergeronnettes et même la bécassine des marais exploitent ces espaces en début d’été.
Anecdote périgourdine : l’étang-tourbière du Mouynat
À Coly-Saint-Amand, une ancienne carrière argilo-calcaire s’est lentement remplie d’eau, créant un petit monde alcalin peuplé d’orchidées papillon, de linaires pourpres, et de crapauds calamites. Ce site, exploité jusqu’en 1955, fut ensuite laissé en friche — les botanistes s’y rendent chaque juin, armés de bottes et d’une patience de pêcheur, pour compter les floraisons et identifier larves et papillons.