Herbes hautes et savoir-faire : dynamique agricole, histoire et mutation des prairies en Dordogne
Les anciens du côté des Eyzies-le-Tayac se souviennent de prairies inondées de marguerites, où, dès mai, on lâchait les vaches, “pour faire tirer le lait sur la bonne herbe”, comme le disait Monsieur Lafon au détour d’un marché. Ces prairies étaient le fruit d’un équilibre subtil entre la fauche, le pâturage extensif et parfois les aléas climatiques.
La seconde moitié du XXe siècle a vu un bouleversement progressif : drainage de certaines zones pour étendre les cultures, mise en place de prairies semées plus productives, généralisation des engrais azotés et des rotations courtes. Les prairies artificielles, semées chaque année ou tous les 2 à 5 ans, répondent à une économie agricole mondialisée, mais s’accompagnent d’une baisse de la diversité naturelle.
Le recensement agricole 2020 en Dordogne (source : Agreste) montre que près de 35 % des surfaces pâturées sont aujourd’hui en prairies artificielles, contre moins de 10 % dans les années 1950.