Des intempéries aux surfréquentations : une terre qui souffre
Le territoire vit au rythme des saisons et parfois, il subit. En 2023, les épisodes orageux du printemps ont provoqué, selon les gardes du Parc naturel régional Périgord-Limousin, plus de cinquante glissements de terrain ou effondrements de petits ponts de bois dans la vallée. L’été, à l’inverse, l’affluence massive sur le “chemin des Merveilles” près des Eyzies et sur les circuits vers le Gouffre de Proumeyssac, accentue le phénomène de compaction des sols et d’érosion.
L’érosion n’a rien d’anecdotique : selon une enquête menée en 2022 par le CNRS sur plusieurs tronçons du GR36, la largeur des chemins a été multipliée par deux en moins de quinze ans, passant de 1,2 à 2,4 mètres, parfois plus dans les zones pentues. Quand le sol n’absorbe plus, les eaux s’écoulent plus vite, aggravant la dégradation et fragilisant racines, talus et petits ouvrages construits.
L’exemple du sentier de la grotte de Rouffignac
Un agent du Conseil départemental raconte (témoignage recueilli lors d’une réunion du Syndicat mixte du bassin de la Vézère) : “Chaque printemps, il faut reprendre à la pelle les ravines formées, combler à la brouette, réinstaller barrières et signalétique. Autour de la grotte, ce travail mobilise trois personnes sur un kilomètre chaque année, uniquement pour réparer ce que la pluie et le passage des visiteurs ont transformé”. Un ballet discret pourtant indispensable.