L’écoute invisible des paysages : la bio-acoustique en quelques notes
Sur certains sentiers encore frais de rosée, il arrive que le promeneur, smartphone à la main, semble écouter non pas le vent ou le cri d’un loriot, mais le fond de l’air. Depuis quelques années, la bio-acoustique, discipline autrefois réservée aux laboratoires, s’est invitée au creux de nos poches via des applications mobiles. Ces nouveaux outils posent un regard inédit sur la biodiversité, non plus seulement par l’observation visuelle, mais par la capture et l’analyse des sons émis par la faune et, parfois, la flore.
La bio-acoustique s’intéresse à l’ensemble des sons produits par les organismes vivants – du chant du rossignol aux cliquètements discrets des chauves-souris. Grâce à l’évolution rapide des capteurs audio sur nos téléphones, il devient possible d’enregistrer et d’identifier une multitude d’espèces sans les voir, simplement en écoutant.
Les forêts, rivières, marais – ici, en Dordogne comme ailleurs – livrent alors, par ces applications, une partition vivante de leur santé écologique. C’est un bouleversement silencieux et prometteur pour le suivi de la biodiversité.