Une réserve, deux mondes vivants : la terre et la mer
La faune terrestre, entre cimes et silence
Sur la portion terrestre, le maquis dompte la roche, ourlant de vert sombre les à-pics rouges. Ici, le myrte, l’arbousier ou le lentisque côtoient des espèces endémiques rares. Certains botanistes évoquent plus de 600 espèces végétales recensées, dont au moins une vingtaine strictement insulaires, parfois uniquement présentes à Scandola (Conservatoire Botanique National Méditerranéen de Porquerolles).
Côté faune, les mammifères restent discrets, mais ce sont surtout les oiseaux qui font la renommée du lieu. Véritable sanctuaire pour les rapaces, Scandola abrite des populations emblématiques :
- Le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), revenu naturellement en Corse dans les années 1970 après un siècle d’absence en France continentale. Entre 15 et 20 couples nichaient à Scandola dans les années 2010 (source : Parc Naturel Régional de Corse), soit près de la moitié de la population insulaire.
- L’aigle royal (Aquila chrysaetos), discret mais fidèle aux cimes désertes.
- Le faucon pèlerin, qui trouve sur les corniches de Scandola des zones de repos et de reproduction idéales.
- Sans oublier le cormoran huppé, le goéland d’Audouin, la sittelle corse (site réserves-naturelles.org).
Un monde sous-marin d’une rare vitalité
Passé la surface, le spectacle continue sous l’eau. Ici débutent les herbiers de posidonie, véritables “poumons” de la Méditerranée, qui assurent oxygénation, nurserie pour de nombreuses espèces et fixation des sédiments. Scandola est une vitrine de l’incroyable richesse du maquis marin corse :
- Près de 450 espèces animales recensées, dont la grande nacre (Pinna nobilis), aujourd’hui gravement menacée en Europe, ou le mérou brun (Epinephelus marginatus), autrefois victime de la surpêche, désormais protégé et régulièrement observé lors des plongées.
- L’hermione ou corail rouge (Corallium rubrum), si convoité, se fixe encore sur les parois immergées, abritant une multitude de petits crustacés.
Anecdote rapportée par des plongeurs : il n’est pas rare, à bonne distance des fonds de Scandola, d’être frôlé par une méduse Pelagia noctiluca, signal fragile de la santé – ou du déséquilibre – méditerranéenne.