Si ! si les responsables devenaient piétons !

Si… Si les responsables, les décideurs politiques et les architectes aménageurs empruntaient à pied le trajet Parking de Lascaux et Lascaux jusqu’au centre-ville, et retour, peut-être constateraient-ils quelques incongruités !

De beaux et grands trottoirs nus en béton de 10 cm d’épaisseur, et pas de marcheurs. Remarquez à gauche, le trottoir se termine brutalement, on ne va pas plus loin, vers le premier parking !

Se déplacer à pied est lent, les détours inutiles sont mal ressentis, difficilement tolérés, surtout s’il faut cheminer dans des environnements quelconques, ou pires, laids. Mais la gestion du piéton n’est pas la préoccupation majeure des aménageurs qui semblent les considérer comme des gêneurs.

Seule sortie de ce premier parking vers la ville, cette voie pour les voitures, rien, seul le retour vers Lascaux est permis.

Premier impératif, rechercher, aboutir à une continuité piétonne, ce qui semble être superflu pour nos penseurs urbanistes actuels. Les trottoirs s’évanouissent subitement, abandonnant le piéton au milieu de nulle part sur quelques dizaines ou centaines de mètres. Lascaux n’échappe pas à anomalies, depuis le parking P11, il est impossible d’aller en ville directement, la sortie la plus évidente est une voie d’accès pour les voitures, les côtés de l’avenue de Lascaux sont interdits aux piétons ; le seul chemin est de remonter vers le Centre int… blablabla Lascaux2, puis de suivre l’allée bétonnée qui serpente, un beau détour ! Ce béton capable de supporter de lourde charge, coûteux ! était-il bien adapté à notre petite cité qui veut séduire ?

Le long de l’avenue de Lascaux, les piétons sont indésirables, un aménagement à l’utilité douteuse est là pour le rappeler.

Ensuite, flécher, indiquer le chemin avec clarté… il y a beaucoup à faire ! Pour les voitures aussi, les automobilistes ratent une fois sur deux l’entrée du premier parking, un panneau en hauteur avec des indications alambiquées. Soyez simples, un panneau avec seulement « PARKING » à hauteur d’yeux au niveau de l’entrée ne serait pas superflu. Les gens s’énervent, essaient de rentrer par les voies piétonnes, accélèrent rageusement, bref, ils s’épanouissent !

Voici le genre de panneau… légèrement surchargé, pour indiquer les parkings

Pour les piétons, il faut multiplier les panneaux, d’ailleurs y en a-t-il ? Si oui, ils sont discrets. Ensuite, on peut faire la présentation de la ville, sa promotion sur des panneaux le long du chemin vers le centre bourg. Raconter Montignac, son architecture vernaculaire, ses belles maisons et ses quelques rares beaux monuments. Égayer le parcours et le rendre agréable, ludique ; cela ne réclame pas de gros budgets, rien que la volonté de faire. Déjà, plutôt que de marquer « Centre Ville » pour faire moderne, indiquons « Ville ancienne », une dénomination qui attire les touristes, mais qui n’a pas l’air de plaire…

Deux panneaux indiquent le « Centre ville » au sortir du P2 et plus rien ensuite, aucun sur le premier parking, le P1, le plus utilisé.

 La banalité, la laideur sont beaucoup plus prégnantes pour le piéton, il y est immergé là où l’automobiliste circule dans sa bulle. Ayant le temps, le piéton observe, détaille, admire tout et rien si cela se présente, mais s’il s’ennuie, s’il est confronté à la laideur, on perd sa sympathie,

L’été de la Félibrée en 2010 à Montignac a laissé de beaux souvenirs, bien après la fête, les touristes appréciaient cette ville décorée de milliers de fleurs en plastique ! Sur les images, on constate aussi l’effet des multiples ombres sur le sol devenu subitement marqueté. Sans refaire de même, il y a probablement une piste à suivre, mais n’est-ce pas trop prosaïque, trop populaire, pas assez culturel ?

De grandes surfaces vides, la steppe ! C’est le concept architectural avec la consommation d’énormes espaces et pas un seul abri.

Lorsque la température s’élève bien au-dessus des 30°, ce qui n’est pas rare dans nos contrées, une majorité des piétons longe les murs, recherche et profite du moindre parasol, de l’arbre protecteur contre les brûlures du soleil. Les bistrotiers l’ont bien compris, rares sont ceux qui ne proposent pas de terrasses ombragées. Les arbres sont justement bien absents des aménagements autour de Lascaux, dans ces espaces surdimensionnés ; lorsqu’ils ont été plantés, c’est uniquement à but décoratif, loin des zones où l’on circule, des fois que l’on ait eu l’idée saugrenue de s’y abriter !

Les touristes sont là, mais l’environnement est froid, et en dehors de l’herbe, rien ne devrait pousser.

Bref, messieurs, mesdames, aussi, tous les décideurs, concepteurs, spécialistes, de temps à autre, quittaient vos bureaux, vos voitures et circulaient longuement dans vos œuvres !

Je vous conseillerez aussi d’explorer d’autres sites du Périgord à la fréquentation remarquable : Castelnaud-Lachapelle, La Roque-Saint-Christophe, Marqueyssac (600 000 visiteurs à eux trois!), etc., l’environnement est quand même plus « sympathique ».

 

1Nom d’une laideur sans… nom.

2Un nom plus simple, plus bref SVP ?

3 pensées sur “Si ! si les responsables devenaient piétons !

  • mardi 27 décembre 2016 à 14 h 31
    Permalink

    Effectivement on prenait cette avenue pour se promener àpied . Maintenant plus de trottoir, ou devons-nous passer?

  • mardi 27 décembre 2016 à 19 h 19
    Permalink

    des ingénieurs très ingénieux ont pensé nos rues piétonnes…. y a qu’a voir la rue du gouny un passage piéton qui atterri en plein milieu de la rue sans trottoir…. avoir détruit et salopé le superbe lavoir pour avoir fait ça une honte. mais bon c’est lascaux ! et pendant ce temps là le centre ville devenu ville morte parking payant….. moi je dis BRAVO! mais bon nous on a pas eu le droit à la parole juste à subir deux ans et demi de travaux…..et maintenant payer le stationnement.

Laisser un commentaire