Rencontres SciencePo – Sud-Ouest à Lascaux

Les étudiants de SciencePo Bordeaux étaient en déplacement à Lascaux ce jeudi 2 février. Ils étaient 70 qui ont visité Lascaux IV le matin, l’après-midi était consacré aux Rencontres proprement dites. Celles-ci se sont déroulées dans la salle du cinéma 3 D du Centre International de l’Art Pariétal, avec les intervenants, des responsables politiques, la presse et quelques curieux, il y avait plus de cent personnes présentes. Sur la tribune, cinq étudiants pour poser des questions entouraient cinq personnalités : Denis Tauxe archéologue, Jean-Fred Drouin remplaçant Germinal Peiro, Muriel Mauriac, conservatrice de Lascaux, Christophe Lucet de Sud-Ouest et Francis Ringenbach de l’AFSP.

Denis Tauxe, Jean-Fred Drouin, Muriel Mauriac et Christophe Lucet

Pourquoi et comment Lascaux, telles sont les premières interrogations auxquelles Muriel Mauriac a proposé que ce dût être pour faire trace, pour laisser un message. Au XIXe siècle on pensait que les préhistoriques qui dessinaient sur des os, des pierres (des Celtes ?) le faisaient pour se distraire, parce qu’ils s’ennuyaient ! Mais avec Altamira, il a fallu admettre que dessiner des œuvres monumentales sur des parois intransportables et dans l’obscurité, cette explication ne tenait pas. Chaque grotte dessinée ou gravée, on en a dénombré trois cents, était totalement différente des autres.

La réalisation des dessins de Lascaux a réclamé une logistique certaine pour peindre sur des plafonds et les éclairer. Le parallèle de Lascaux avec la chapelle Sixtine est devenu évident quand il a fallu restaurer le plafond de Lascaux II juché sur des échafaudages et dans des positions inconfortables, peintres préhistoriques et du Moyen-Âge étaient confrontés aux mêmes difficultés, comme l’a été signalé par Francis Ringenbach.

Jean-Fred Drouin, Muriel Mauriac, Christophe Lucet et Francis Ringenbach

Lascaux II est-il vraiment le premier facsimilé, oui, mais il n’a été réalisable que parce que la grotte originelle était à proximité ; des Japonais qui avaient voulu la recréer chez eux s’y sont cassé les dents pour ce motif. Précision de Jean-Fred Drouin, Lascaux II sera très peu visité, d’autant que ce facsimilé nécessitera un entretien. Ce même Jean-Fred Drouin a rappelé que la préhistoire n’était la motivation que de 12 % des touristes qui venaient en Dordogne, mais que sa promotion participait à l’effort du département pour développer le tourisme qui représente 23 % de l’activité économique, chiffre s’élevant à 46 % pour le Périgord Noir. On ne peut rester les bras croisés, cette promotion est indispensable et Lascaux III assure celle-ci à l’étranger. Information, après le Japon, probablement la Chine, ce facsimilé mobile devrait être exposé dans les grandes villes européennes. Lascaux est est la tête de gondole et de modernisation de l’image du Périgord, un outil à s’approprier par tous les Périgourdins, cela a été réaffirmé.

La crainte de la Disneylandisation de Lascaux a était évoqué par un étudiant, un autre a soulevé la réalisation d’un Lascaux V qui, de fait, existe déjà sous forme de réalité virtuelle.

  

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