Que sera le futur PLUI de la Vallée de l’Homme ?

 

Depuis décembre 2014, les membres de la Communauté de commune Vallée de l’Homme ont décidé la mise en place d’un plan d’urbanisme unique sur l’ensemble du territoire intercommunal, le PLUI. Première étape, réaliser un diagnostic visant à identifier l’ensemble des normes à respecter (Monuments historiques, risque inondation…), faire le bilan du développement urbain, des paysages, du patrimoine et dénombrer les enjeux du territoire (tourisme, commerce, agriculture, filière bois, économie sociale et solidaire). Cette étude été confiée au cabinet Noël Urbanisme conseil de Bordeaux, cette étude avait été présentée en juin 2016. Les premiers résultats de ce diagnostic sont aujourd’hui disponibles, voici un premier aperçu des conclusions que l’on eut y lire :

  • Le territoire est intégré dans un « corridor touristique » qui attire de nouveaux habitants, souvent âgés, ce qui produit un vieillissement population, mais compense un solde démographique négatif ;

  • Les revenus sont plus faibles que la moyenne du Périgord ;

  • Les logements sont anciens avec peu de locatifs et de logements sociaux, une forte précarité énergétique, des questions sur l’hébergement des saisonniers, des personnes âgées et/ou handicapées ;

  • L’économie est marquée par une baisse de l’emploi productif et peu d’espace pour les entreprises, une forte diminution de l’agriculture, une proportion marquée des emplois non salariés, de service et du tourisme ;

  • Vézère et Beunes sont des sites Natura 2000 où les ressources en eaux sont à surveiller et la vallée présente un risque important lié aux crues, une grande partie des zones habitées sont en territoire inondable ;

  • Un taux de boisement est supérieur à 50 %, mais des bois morcelés à gérer durablement avec un risque élevé d’incendie ;

  • Des terrains agricoles en régression, mais à préserver, à protéger ;

  • Enfin, le secteur possède e nombreuses cavités souterraines, mais prédominantes aux Eyzies.

Sur ces bases, un PLUI doit être discuté et approuvé pour la fin 2018, il remplacera tous les PLU communaux en 2019.

 

Pierre Boulanger, urbaniste de la CCVH, Philippe Lagarde, président de la CCVH, Valentin Courtey et Nathalie Pinel du cabinet d’étude Noël conseil urbanisme

Mardi 4 avril 2017, première réunion de présentation du diagnostic à la salle des fêtes Aubas, suivie deux jours plus tard par une seconde réunion au Bugue. À Aubas, bien que concomitante avec le grand débat des onze candidats à la présidentielle moins de deux heures plus tard, il y avait une cinquantaine d’auditeurs, dont quelques maires. À la tribune, Pierre Boulanger, urbaniste de la CCVH, Philippe Lagarde, président de la CCVH, Valentin Courtey et Nathalie Pinel du cabinet Noël Urbanisme conseil. Ce sont essentiellement Valentin Courtey et, dans une moindre mesure, Nathalie Pinel qui ont présenté les trois gros dossiers. Ceux-ci seront disponibles dans les mairies concernées (toutes sauf Montignac qui n’a pas intégré pour le moment l’opération PLUI) et rapidement en téléchargement sur le site de la CCVH. Ils ne seront pas distribués dans les boites aux lettres par mesure d’économie. Ces dossiers étudient l’environnement (53 pages), l’habitat (26 pages) et l’économie (62 pages), soit un total de 141 pages à lire !

 

 

La préservation des terres agricoles est désormais une priorité, il était temps. La France est en Europe le pays le plus dispendieux de son capital agraire, celui où chaque construction consomme le plus de surfaces, de préférence des surfaces agricoles bien plates, plus aisées à construire. Il a été souligné lors de cette présentation que l’abandon momentané de terres agricoles ne présage en rien de leur utilité future. La lutte contre le mitage des campagnes par l’habitat dispersé ne fait que commencer. Les terrains de grandes tailles (jardins, parcs, etc.) sont-ils plus importants que nos terres nourricières ? Le prix des terrains à bâtir nous inciterait à le penser, mais si l’on envisage le problème sous l’aspect de la sécurité alimentaire, les priorités changent totalement.

Les conflits d’usages se font jour, l’habitat isolé doit-il être autorisé au prétexte qu’il est écologique et autosuffisant ? Quitte ensuite à pourrir la vie et le travail des voisins agriculteurs ? Interdire les animaux et les travaux bruyants ? Interdire l’épandage de produits possiblement toxiques ou malodorants ? Interdire la construction de granges, d’étangs aux uns, mais vouloir sa propre piscine qui, bien sûr, pourrait même être écologique ?

Protéger la forêt, morcelée comme très souvent, est certes utile, mais jusqu’où aller ? Ne pas oublier que ces bois sans structures et sans entretien sont le résultat d’une déprise agricole depuis le début du XXe siècle. Les territoires boisés des collines de la vallée de la Vézère étaient pour beaucoup d’anciens vignobles ou des territoires agricoles dédiés à l’élevage ; attention à ne pas interdire un destin similaire aux Coteaux de La Vézère du Pays de Brive ?

Dans les conclusions de l’étude, les bâtiments publics sont jugés assez remarquables par leur intégration ! oubliant que trop souvent ils se départissent des règles qui sont imposées aux citoyens ordinaires… Peut-on dire que PIP ou Lascaux et ses environs respectent les règles de constructions de notre vallée ? Les règles doivent être les mêmes pour tous, l’un peu construire de telles façons et son proche voisin n’y est pas contraint, pourquoi avoir accepté des constructions « décalées » telle la maison rouge sur les hauteurs de Montignac, particulièrement visible ? Autant de questions qui ont fait l’objet de discussions.

Autre question : peut-on arbitrer l’installation des centres de vacances pour protéger gîtes et locations privées ? Les élus n’ont ni les capacités ni les outils pour cela ; ce sont les lois du marché qui s’imposent.