Paroi pigment pixel, la saga des facsimilés

Noel Coye, conservateur du patrimoine, auteur de l’exposition, à gauche, Claude Douce
Jean-Philippe Lagarde, Germinal Peyro, Francis Ringenbach et Noel Coye

Conçue par Noel Coye, conservateur du patrimoine, avec Catherine Roudet, le Musée d’Altamira et de nombreuses aides extérieures, une exposition sur l’histoire des reproductions et facsimilés de grottes ornées. Noel Coye souligne que le facsimilé est un discours, il ne substitue pas à l’original qui lui est préservé, c’est une vision. Par contre, aujourd’hui, les grottes originelles ne sont plus ouvertes au public, telle Chauvet ou Cussac où même le temps de présence des chercheurs est très limité et où les fouilles ne sont pas autorisées, les scientifiques circulent sur un chemin métallique au-dessus du sol.

Germinal Peyro et Noel Coye

Cet historique contient des éléments rares, telle cette grotte fictive conçue par l’abbé Breuil à Paris en 1937 avec des éléments de différents sites (deux photos sur le panneau à gauche). Une découverte, les premières tentatives de facsimilé au Musée d’Art moderne de Paris en 1953 avec l’exposition « La naissance de l’art moderne, 40 000 ans d’histoire », par Jacques Valentin, avec le plafond d’Altamira et le Diverticule axial de Lascaux peint par É. Righetti. Mais aussi, la première réplique photogrammétrique d’Altamira du Deutsches Museum en 1962 avec une copie à Madrid. Puis, parallèlement à Lascaux 2, la réplique photographique de Kodak en 1980 avec transfert de gélatine sur un support en relief aux formes de Lascaux.

Ensuite, tout sur les reconstitutions récentes d’Altamira, de Chauvet et de Lascaux, réalisés par quelques entreprises spécialisées : Tragacanto, Arc et Os et ASFP, mais aussi Phénomènes et Atelier Artistique du Béton, etc. Et au final, on voit poindre les reconstitutions numériques. Une exposition, située au sous-sol du PIP, composée de 17 panneaux très denses, avec beaucoup de lecture et des documents iconographiques rares.

Des éléments de facsimilés de Lascaux, d’Altamira et de Chauvet sont présentés
Projection de vidéo en réalité virtuelle
Discours lors de l’inauguration

Vernissage jeudi 29 juin de l’exposition « Paroi pigment pixel », visible jusqu’au 7 janvier 2018 au PIP, on notait la présence de Germinal Peyro qui suggère que le PIP pourrait s’appeler le Pôle d’Information sur la Préhistoire, de Carmen de Las Heras, conservatrice d’Altamira et de Nathalie Fourment, conservatrice de l’archéologie de Nouvelle Aquitaine.

Carmen de Las Hera, Jean-Philippe Lagarde, Nathalie Fourment, Régine Anglard et Germinal Peyro

Germinal Peiro, président du Conseil départementale, a incidemment suggéré que le Pôle International de la Préhistoire pourrait gagnerait peut-être à se nommer Pôle d’Information sur la préhistoire.

Carmen de las Heras, conservatrice de la grotte d’Altamira

Nous avons rencontré Carmen de Las Heras, conservatrice de la grotte d’Altamira et sous-directrice du Musée du même site. Information éclairante pour Lascaux IV, la réplique d’Altamira a reçu 450 000 visiteurs la première année, en 2001, et actuellement elle tourne en régime de croisière à 300 000 entrées par an. Cette reproduction présente la grotte telle qu’elle était il y a 15 000 ans, une vision qu’ont reconstituée les scientifiques. Ce facsimilé totalise 500 m2 et le bâtiment qui l’abrite 5 000 m2. Depuis trois ans (pour combien de temps ?), des visiteurs peuvent accéder à la grotte originelle pendant 37 minutes, cinq tirés au sort chaque vendredi matin.

Nathalie Fourment, conservatrice régionale de l’archéologie

Ouverte depuis le 24 mai et visible jusqu’au 7 janvier 2018, cette exposition retrace différente expériences de copie, de reproduction, de facsimilés pour de Lascaux et de la grotte d’Altamira et de la caverne de Pont d’Arc. Des découvertes anciennes !

 

 

Éric Solé expose Entre œuvre et ouvrage, un lieu de fabrication

Éric Solé

Éric Solé expose au PIP une trentaine de dépositions de constats visuels, des photographies réalisées trois ans durant dans le chantier de Lascaux IV, des images visibles jusqu’au 17 septembre. Continuité de travaux précédents sur la transformation de matériaux, il se questionne : comment parle-t-on d’une œuvre, d’une réplique ? Une débauche de moyens mise en œuvre pour reconstruire une seconde grotte en béton qui finira par se substituer à l’original, on finira par ne voir que le contenant.

Régine Anglard et Éric Solé