La vallée de la Vézère en Périgord. La fabrique d’un paysage

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Résultat de nombreuses années de recherches, débuté en 2011, formalisé en 2014, par une équipe composée de Xavier Pagazani, chercheur au service du patrimoine et de l’Inventaire de la région Nouvelle-Aquitaine, Vincent Marabout et Line Becker, chercheurs au service de la conservation du patrimoine du département de la Dordogne avec Adrienne Barroche, photographe au service du patrimoine et de l’Inventaire de la région Nouvelle-Aquitaine. Cet ouvrage édité en novembre 2017 comporte 192 pages au format : 24,3 x 29,7 cm, code ISBN : 978-2-36062-184-2, il est vendu au prix de 25 €. Démarche du service du patrimoine de la région Aquitaine en partenariat avec le Département de la Dordogne, c’est le quinzième livre sur le patrimoine aquitain édité en moins de 10 ans.

 

Jeudi 29 mars, l’auditorium du PIP était bien rempli pour la présentation du livre « La vallée de la Vézère en Périgord en présence des quatre auteurs : Line Becker, Xavier Pagazani, Vincent Marabout et Adrienne Barroche. Remarquons que les deux présentations à Périgueux n’ont pas connu ce succès. Surprenant, de nombreuses personnes ont attendu cette présentation pour acquérir le livre, pourtant disponible en librairie depuis trois mois.

La collection « Images du patrimoine » est une publication chapeautée par le ministère de la Culture et de la Communication, direction de l’architecture et du patrimoine, avec une charte graphique rigoureuse. Le sujet est vaste, la vallée de la Vézère périgourdine, depuis Terrasson (repêché en dernière minute) à Limeuil, analysé depuis les temps préhistoriques, le Moyen-Âge et les temps modernes, abordés sous l’angle des variations du paysage. Le livre est découpé comme ceci :

  • Sommaire : Introduction.
  • Une vallée singulière : La Vézère, Un « océan » de forêt et Les ressources du bâti.
  • Paysages habités : Le troglodytisme, Un premier pôle, l’église, L’essor nobiliaire, Les foyers urbains, Hameaux, villages et petites « villes » et Le réseau routier.
  • Paysages exploités : La Vézère aménagée, Des vallons fertiles, Une viticulture disparue, L’aventure tabacole et Le développement industriel.
  • Paysages inventés : Points de vue, Le passé réinventé… pour le tourisme.
  • Annexes : Index des noms de lieux, Index des noms de personnes, Orientations bibliographiques et Crédits photographiques.

Chacun des auteurs ayant sa propre spécialité :

  • Xavier Pagazani s’intéressant plus particulièrement au patrimoine lors du passage du Moyen-Âge aux temps modernes, faisant grand usage du carottage des charpentes pour les dater ;

  • Line Becker à la constitution des noyaux d’habitats à l’aube de l’ère chrétienne et de la constitution des fiefs médiévaux (incastellamento) ;

  • Vincent Marabout à l’industrialisation de la vallée avec la tentative avortée de rendre navigable la rivière, suivi de l’arrivée du chemin de fer et des industries.

Au PIP, Line Becker, Xavier Pagazani, Vincent Marabout et Adrienne Barroche

Xavier Pagazani insistant sur la variabilité du paysage dépendant des usages de la terre et des calamités agricoles. Signalant que la découverte des sites préhistoriques et le tourisme qui en a suivi avaient probablement sauvé la vallée d’un long sommeil.

Adrienne Barroche a décrit sa quête des paysages, des points de vue, révélant au passage la difficulté d’illustrer cette vallée qui doit être classée “Grand site de France” justement pour ses paysages. La fermeture des paysages par le boisement anarchique, la privatisation de nombreux lieux, accessible uniquement avec l’autorisation de propriétaires, rendent ses paysages fort peu accessibles.

Observation personnelle : les deux plus beaux points de vue accessibles sur la vallée sont dans un état très préoccupant : la côte de Jor (heureusement que plus loin, les parapentistes entretiennent leur site…) ou l’Escalérou, tous deux ne permettant plus d’observer pleinement la vallée, des arbres masquent la vue.

Les recherches vont se poursuivre et devraient aboutir à la publication d’un nouvel ouvrage d’ici quatre ans dans la collection « Cahiers du patrimoine — Inventaire général du patrimoine culturel », chapeautée par le ministère de la Culture et de la Communication. Plus ambitieux, le calibre de cette collection pouvant atteindre 700 000 signes pour une pagination maximale de 450 pages.

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