La restauration collective en soutient aux producteurs locaux

Le département de la Dordogne associé à la Chambre d’Agriculture développe une politique de soutient aux producteurs locaux et, tant que faire se peut, à l’agriculture biologique, principalement par le biais des restaurations collectives sous sa responsabilité, soit essentiellement les écoles, les collèges et les EPAD. Nous avions déjà évoqué ce sujet il y a quelques mois dans : « Collège de Montignac : journée sensibilisation au gaspillage alimentaire ».

Réunion producteurs locaux et restauration collective

Hier soir une réunion d’information, initiée par les deux élus du canton Vallée de l’Homme, Nathalie Manet-Carbonière et Christian Teillac, s’est tenue à l’école Pierre Khantine de Rouffignac. Une quarantaine de personnes été présentes, des producteurs locaux, du personnel de la restauration collective, des élus ainsi que Aude Liquière de la SCIC « Mangeons 24 » et Gérard Teillac, présidant du CrDA Périgord Noir. Précédemment, une première réunion a eu lieu à Saint-Léon-sur-Vézère. Présent dans la salle, Yves Labrousse, originaire de Montignac, le cuisinier du restaurant scolaire, celui-ci étant géré par une « Amicale laïque » et fonctionnant aussi pour le centre aéré.

Aude Liquière a présenté la structure et les services de la SCIC « Mangeons 24 » : « Elle achète des produits alimentaires locaux aux agriculteurs du Périgord pour les revendre aux collectivités publiques. Ces produits peuvent être issus de l’agriculture raisonnée comme de l’agriculture biologique. etc… pour en savoir plus, télécharger leur brochure ici (PDF). ». Elle a insisté sur les aspects logistiques, non seulement le transport, mais aussi le conditionnement des produits qui doivent s’adapter aux besoins et aux réglementations de la restauration collective ; règlements parfois pointilleux qui au final peuvent aller dans un sens contraire à celui revendiqué initialement.

Les besoins des restaurants scolaires et autres nécessitent une programmation des menus assez longtemps à l’avance, disons un mois, une sécurité de l’approvisionnement et des coûts très maitrisés. Il est impératif de proposer des menus équilibrés, que ceux-ci comportent régulièrement des composants bien précis (viande, légumes, féculents, etc…). Le budget produit dans un plateau-repas moyen étant en France de 1,47 € à 2,07 € ; le bio pouvant rapidement faire grimper ces coûts, il ne peut actuellement venir qu’en appoint. Les cuisiniers actifs dans la restauration collective faisant souvent preuve d’imagination et de recherche de qualité. En Périgord Noir, il est produit quotidiennement quelque mille repas en collectivité territoriale, ce qui est beaucoup, mais aussi très bien peu pour faire vivre les nombreux producteurs du secteur.

Alain Athimon, premier adjoint de Rouffignac, Christian Teillac et Nathalie Manet-Carbonière, élus du canton Vallée de l'Homme, Gérard Teillac, présidant du CrDA Périgord Noir, Valérie Faget deuxième adjointe de Rouffignac et Aude Liquière de la SCIC « Mangeon 24 »
Alain Athimon, premier adjoint de Rouffignac, Christian Teillac et Nathalie Manet-Carbonière, élus du canton Vallée de l’Homme, Gérard Teillac, présidant du CrDA Périgord Noir, Valérie Faget deuxième adjointe de Rouffignac et Aude Liquière de la SCIC « Mangeon 24 »

Mangeons 24 essaie de planifier ses approvisionnements sur l’année, en passant des contrats avec des producteurs, négociant un prix annualisé, des volumes conséquents et avec un besoin impératif de conditionnements, découpes des viandes ou préparations des légumes afin qu’ils puissent entrer dans la chaine de la restauration collective. Pour y arriver, Mangeons 24 collabore avec des concurrents pour optimiser les transports de marchandises. Le transport et le conditionnement sont vraiment le point d’achoppement du projet, il est indispensable de « massifier » pour conserver des prix acceptables, de ne pas allonger démesurément les circuits pour de très petites quantités. La présence d’ateliers de découpe de viande ou de conditionnement de légumes est un besoin prégnant du Périgord Noir afin d’atteindre ces objectifs. Des organisations en secteurs courts avec des structures très locales sont parfois souhaitables, mais encore faut-il disposer de compétences à ce niveau.

Mais comment intégrer dans ce réseau des petits producteurs bios aux productions diversifiées, aléatoires, mais aux volumes très (trop ?) réduits ? Une suggestion venue de la salle d’une interface internet (basée sur des logiciels libres…) sur laquelle les producteurs pourraient proposer des produits dont ils disposeraient momentanément en quantité sera étudiée. Ces producteurs vivant essentiellement de la vente directe aux particuliers, vente bien plus rémunératrice que ce que peut proposer la restauration collective.

Un échange entre producteurs a concerné la formation, l’un avançant qu’il fallait huit années d’expérience pour équilibrer une production de salades, d’autres se contentant de six mois de formation en agriculture biologique.

Une pensée sur “La restauration collective en soutient aux producteurs locaux

  • mercredi 20 avril 2016 à 20 h 52
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    Génial! Voilà des initiatives qui vont dans le bon sens !! Sortir de l’agriculture productiviste et du transport de denrées alimentaires sur de longues distances, sont évidemment des impératifs. Merci à nos deux élus du canton.

    Alimentation.
    Pour garantir à tous les citoyens l’égalité devant l’accès à une alimentation de qualité, et en vertu de l’application du principe de prévention, nous proposons les mesures suivantes :
    – Promouvoir l’alimentation biologique, en limitant les transformations au minimum. Pour ce faire, chaque famille devrait pouvoir disposer d’une parcelle de terre où cultiver légumes et fruits.
    – En partenariat avec les producteurs locaux, encourager l’alimentation biologique dans les cantines scolaires et les hôpitaux.
    – Taxer fortement les pesticides afin d’en diminuer l’utilisation et à moyen terme en interdire l’utilisation.
    – Prélever une taxe sur les produits alimentaires importés de contrées lointaines, proportionnellement à la distance parcourue, afin de favoriser la consommation des produits locaux.
    – Organiser des campagnes d’information et de sensibilisation sur les effets d’une consommation excessive de produits carnés.
    – Interdire des élevages concentrationnaires et des transports prolongés et insalubres d’animaux.
    – Interdire les cultures d’OGM.
    – Les colorants et arômes chimiques inutiles et dangereux ne seront plus autorisés dans les préparations alimentaires.
    – L’alimentation saine et le jardinage biologique seront enseignés à l’école et des conseils en ce sens largement et régulièrement prodigués par les médias.
    Extrait de : http://fraternitecitoyenne.blog4ever.com/3-sante-alimentation

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