Impressions de visites sur Lascaux IV

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Le + incontestable du Centre… Lascaux, l’atelier !

L’élément essentiel de l’équipement, la possibilité d’observer sans limites et tranquillement les principaux éléments de facsimilé qui sont dupliqués dans cette immense salle ; c’est là que les visiteurs passent l’essentiel de leur temps. C’est d’ailleurs les images de ce lieu qui sont les plus partagées.

Superbe tête d’auroch devant laquelle on peut s’arrêter, ce qui n’est pas possible dans le facsimilé de la grotte

La visite

Vous devez imprimer les billets achetés sur internet et les présenter lorsque l’on appelle votre horaire de visite et c’est tout. Sinon, vous pouvez aussi prendre votre billet au guichet fait pour, vous y serez bien accueilli.

Retour sur la visite qui débute sur le toit, en plein air « quelques soient les conditions météorologiques », pour la présentation de l’état de la vallée au temps de Cro-Magnon, les différents sites qui s’y trouvent, puis de l’histoire de la découverte de la grotte de Lascaux. Par la suite, les guides disposeront d’un micro, ce qui les rendra plus intelligibles lors des groupes se suivront de manière rapprochée.

Les visites débutent sur le toit de Lascaux, en plein air
Puis se poursuivent par un circuit commenté en extérieur de près d’un quart d’heure

Après la visite du facsimilé (on ne photographie pas) de la presque totalité de la grotte, avec de nombreux éléments qui été absents de Lascaux II, ce qui est loin d’être négligeable et qui dure une bonne demi-heure, passage à l’Atelier où l’on peut rester le temps que l’on désire. Cela sera-t-il encore autorisé en période de forte affluence ? Ce n’est pas certain, actuellement les visites du facsimilé sont échelonnées toutes les douze minutes pour des groupes d’une trentaine de personnes, en forte saison ce sera toutes les six minutes, soit potentiellement un très grand nombre de personnes pouvant s’accumuler dans l’Atelier.

La même paroi avec deux éclairages différents

Toujours dans l’Atelier, les gravures et les peintures estompées de quelques parois sont soulignées par des projections (comme ci-dessus), avec commentaires par l’intermédiaire du « compagnon de visite ». Cela permet de mettre en évidence des dessins qui se superposent sur la même paroi, ce qui est général dans la grotte. Seul aspect qui peut chagriner, l’absence de notation en clair, de textes explicatifs, sans compagnon de visite, point de salut. L’atelier offre la possibilité de détailler tout à loisir des éléments habituellement invisibles autrement, telle cette scène du puits (ci-dessous) situé au fond d’un puits de huit mètres de profondeur.

Scène du puits, la seule où est représenté un être humain

Avec l’atelier, la visite se rapproche de celle d’un musée, avec la possibilité, hors période d’affluence, de prendre le temps, de stationner devant ces facsimilés. Précisons que ceux-ci n’ont rien à voir avec l’artificialité d’un Dysneland, il s’agit de reproductions à l’identique réalisées sous contrôle scientifique.

Le compagnon de visite

Le compagnon de visite, une aide perfectible, dont l’intérêt sera plus évident pour les étrangers, avec la multiplication potentielle du nombre de langues proposées ; la possibilité d’ouvrir le centre à des populations peu courantes dans nos contrées en fonction de leur fréquentation du Centre.

Le compagnon de visite retient l’attention de nombreux visiteurs qui, en cherchant à le faire parler, ne regarde pas la reconstitution qui est derrière eux
Sortis de l’atelier, les visiteurs se retrouvent dans un grand couloir (une faille ?) et sont toujours happés par le compagnon

Réalité virtuelle

La réalité virtuelle est présente avec quatre casques Oculus Rift, il existe de nombreux autres modèles de casques de vision en relief avec immersion dans une réalité reconstruite ou imaginaire, celui-ci est français. Cette technologie est récente, tout au moins dans les usages grand public, elle devrait fortement évoluer à l’avenir, il faut nous attendre à de belles surprises avec elle.

Certains adorent, y retournent quand la fréquentation est faible, il faudra probablement multiplier ces postes de réalité virtuelle. D’autres, qui apprécient malgré tout, ressentent des malaises avec ce casque, probablement des soucis d’écartement pupillaires, le matériel devrait évoluer pour résoudre ceci. Attention, c’est du virtuel, et l’on peut facilement s’y laisser prendre, finir par croire que l’on est vraiment dans la grotte, heureusement que l’on est assis. Cette technique devrait permettre de visiter d’autres grottes de la même façon, et ainsi aller dans le sens de ce qu’attend Germinal Peiro.

Beau succès pour la réalité virtuelle, mais peu de places

La résolution de l’image est un peu faible, cela s’arrangera, le grand écran devant le visiteur est pratiquement inutile. Élément essentiel du système, la modélisation numérique de la grotte, le trésor de Lascaux qui est employé aussi dans le compagnon de visite. Ci-dessous, une vision schématique du fonctionnement de ces lunettes.

Lunettes de réalité virtuelle Google Tech C1

Autres salles

Vient ensuite le Théâtre de Lascaux ou sont présentées par des projections et une bande-son les évolutions de l’archéologie et la découverte de nos ancêtres. Suit une salle de projection en cinéma en relief, dit 3D ; terme à la mode qui signifie tout simplement en stéréoscopie.

La salle de cinéma 3D, ici lors d’une réunion de commerçants et de professionnels du canton

Les deux dernières salles sont dédiées à l’art contemporain, ah bon ! La confrontation avec les artistes de Lascaux n’est pas vraiment à l’avantage des artistes contemporains pour lesquels le travail manuel est secondaire.

La galerie de l’Imaginaire

Ce choix est celui du précédent président du Conseil général, Bernard Cazeau, un féru d’art contemporain ; Germinal Peiro qui a pris sa suite réoriente le Centre vers tous les autres lieux de l’art pariétal, il veut faire de Lascaux le Centre mondial de l’art pariétal, avec une volonté d’universalisme.

La galerie d’exposition temporaire

Il y a aussi une boutique et une cafétéria, rien de particulier à en dire, ils répondent aux tâches qu’on leur demande. Au final, la visite qui est annoncée pour deux heures trente peut facilement durer quatre sans que cela ne semble long, c’est, si je ne m’abuse, plutôt bon signe. Dernière information, les dernières entrées se font environ deux heures avant la fermeture du site afin de laisser suffisamment de temps aux visiteurs pour profiter pleinement de Lascaux.

Au final, ce Centre est une belle réussite, mais c’est bien le facsimilé et ses répliques dans l’atelier qui restent les éléments forts de cet équipement. Une profusion d’infographie pour faire moderne, mais il faut savoir que celles-ci vieillissent très rapidement. Un regret ? Pourquoi n’y a-t-il pas (encore ?) de reconstructions hyperréalistes d’Élisabeth Daynes vu l’intérêt du public pour celles-ci, présentes aux PIP et ailleurs ? Par exemple, en intégrants ces figures réalistes des hommes qui ont créé Lascaux dessinant devant à des éléments de facsimilé.

Ce centre évoluera, c’est clairement annoncé par l’équipe du Centre, la distribution et l’affectation des locaux ne sont pas figées, c’est un outil évolutif et l’on peut faire confiance à cette équipe pour en améliorer le fonctionnement et l’adapter aux attentes du public.

 

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