Des commémorations comme s’il en pleuvait

Désormais correspondant de Sud-Ouest pour le Montignacois, plus les Eyzies et Tursac, je découvre la multitude de commémorations qui se répètent chaque année, faut-il les relater dans la presse ? Voici la réponse qui m’a été faite à la suite de mon dernier article sur la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation du 30 avril :

Nous ne publierons pas l’article sur la Journée de la Déportation : comme pour le 8 mai, le 11 novembre et autres cérémonies « nationales », nous ne faisons pas de compte rendu, sauf s’il y a un événement local particulier (remise de médaille, dévoilement d’une plaque, etc).

Je le savais, j’aurais dû m’en souvenir, cela fait partie de la feuille de route destinée aux correspondants locaux. Il en est de même pour tout événement récurent, tous ceux que l’on pourrait écrire à l’avance et programmer, et que l’on nomme des « marronniers ». Les relater n’apporte comme seule information qu’ils ont bien eu lieu à la date où on les attendait, rien de plus. C’est en quelques sortes une façon de remercier les personnalités qui se sont prêtées à l’exercice.

Voici le texte qui accompagné ces images : « Commémoration en mémoire des victimes de la déportation le 30 avril devant le monument aux Morts, square Pautauberge, avec des représentants de la municipalité, des FNDIR, FNDIRP, FMD, UNADIF et la participation d’associations et d’amicales des camps. » Non indiqué, il y avait tout au plus une vingtaine de personnes présentes.

 

 

Voici la liste de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, Les Journées Nationales Commémoratives :

  • La journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, le 19 mars ;

  • La journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, le dernier dimanche d’avril ;

  • La commémoration de la victoire du 8 mai 1945 ;

  • La fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme, le 2e dimanche de mai ;

  • La journée nationale de la Résistance, le 27 mai ;

  • La journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » en Indochine, le 8 juin ;

  • La journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi, le 18 juin ;

  • La journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes » de France, le dimanche le plus proche du 16 juillet ;

  • La journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives, le 25 septembre ;

  • La commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 ;

  • La journée nationale d’hommage aux morts de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, le 5 décembre.

Ces commémorations sont l’exercice obligé des élus locaux, elles se réfèrent toutes à des événements du XXe siècle, à une partie des événements pouvant en faire l’objet, mais on constate un doublant pour la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie. Pour la Dordogne, il y manque la commémoration des internés du Sablou.

 

 

Qu’en penser ?

Les demandes de publications dans la presse locale soit pour des manifestations annoncées, à venir, que pour relater des événements se produisant avec la régularité d’une horloge sont pléthores. Le problème, c’est que nombre des personnes qui en font la demande ne lisent pas le journal, ni sont ni abonnés ni ne l’achètent au numéro, mais elles veulent y être référencées, avoir leur place officielle dans la petite histoire locale.

Du côté éditorial, la place manque, les ventes baissant, on a réduit la surface du papier, on condense les articles, les images, essentiellement dans un but économique. Les ventes augmenteraient-elles si l’on relatait tous ces « marronniers » ? On peut en douter, celui qui lit un quotidien recherche des informations, il veut qu’on lui apprenne ce qu’il ne sait pas. Pourtant la demande de ce genre de communication récurrente est forte et permanente, alors que faire ? Éventuellement, les publier sur les sites internet de communes, lorsqu’elles en disposent et qu’elles savent s’en servir ?