Chronique d’une petite crue

La Vézère va-t-elle atteindre les 5 mètres ?

Oui, à 16H35 et à 16H55, VigieCrue annonce 5,11 m.

La mairie de Montignac annonce :

Situation pour les 12 prochaines heures.

L’absence de précipitations sur le bassin versant amont de la Vézère devrait permettre une stabilisation du niveau autour de 5 mètres pour les prochaines heures.

Le niveau pourra atteindre à son pic 5m20. Aucune mesure particulière supplémentaire n’est envisagée pour le moment .

L’équipe municipale reste mobilisée pour répondre à vos besoins et assurer une veille vigilante.

Toute personne habitant ou possédant des biens en zone inondable est invitée malgré tout à se manifester à la Mairie de Montignac. En le faisant, vous contribuez à la diffusion de l’information et vous nous permettez ainsi de récolter de précieux renseignements pour les crues futures, notamment votre numéro de téléphone et la situation de votre bien pour pouvoir être prévenus le cas échéant.

Nous cherchons également à recenser les maisons secondaires situées dans la zone inondable pour pouvoir alerter leur propriétaire. 

Mairie 05 53 51 72 00
portable 06 80 28 16 54

La journaliste de France Bleue constatant que la place d’Armes est inondée

Les services de l’État très optimistes, ou ouvrant en grand leur parapluie, ont annoncé 5,7 m, de toutes évidences ont en sera très loin. Jacques Carbonière, adjoint à l’urbanisme, la voirie et les réseaux reprenait ses fonctions ce matin, présent dès 5 h, ne s’inquiétait pas. Voici la chronologie des derniers relevés : 4,69 m à minuit, 4,79 m à 5 h ce matin, 4,93 m à 9H30, nous suivons l’évolution, 4,94 m à 10 h ; quand ça ne veut pas… il semblerait que l’on n’atteigne pas les 5 m cette fois-ci ! En amont, la Corrèze semble plafonnait depuis jeudi midi, la Vézère de même à Uzerche depuis la nuit et a apparemment atteint son plus haut niveau à Voutezac ; donc elle peut encore légèrement monter à Terrasson, à Montignac jusqu’à midi, au Bugue un peu plus tard, puis on attendra la décrue.

Comme plusieurs jours par an, Montignac prend des airs de Venise du Périgord Noir, rien de méchant cette fois, de belles images à mettre en boîte. La journaliste de France Bleue reconnaissait que mardi ils s’étaient un peu emballés en annonçant la place d’Armes sous les eaux, cette fois, l’on y est.

La route de Valojoulx depuis Montignac est fermée, un classique.

La route de Valojoulx, au pied de la mairie de Montignac… interdiction de se baigner !

Contrairement à ce que beaucoup trop croient, les crues d’un cours d’eau ne sont que peu liées à l’intensité des pluies locales, mais essentiellement au cumul des précipitations sur son bassin versant. Le bassin versant constitue toutes les surfaces en amont qui sont drainées vers la rivière (ou le fleuve), dans la vallée de la Vézère, c’est en grande partie les pluies sur le département de la Corrèze, dont le plateau du Millevaches. La Dordogne récupère les eaux en provenance de l’ouest du massif du Sancy, du sud-est du département de la Corrèze et du nord-ouest du département du Cantal ; s’il tombe des pluies diluviennes sur l’Auvergne, cela n’aura aucun effet sur la Vézère si le Millevaches reste au sec.

Les graphiques de la Corrèze (en haut), de la Vézère et du Loyre (au milieu, le Loyre en bleu) de de la Vézère périgourdine (en bas, Montignac en bleu)

La Vézère dépend donc de rivières corréziennes, celles-ci pouvant se diviser en trois bassins : la Vézère proprement dite avant la confluence de Saint-Pantaléon de l’arche, la Corrèze et le Loyre qui draine le bassin de l’ouest autour d’Objat et Juillac. Cette dernière rivière produit les crues les plus rapides le long de la Vézère périgourdine, cela monte, mais aussi descend très rapidement, mais le Loyre ne peut pas provoquer de crues majeures. Par contre, les rivières descendant du Millevaches apportent des flux plus massifs avec un fort effet retard, les pluies sur les sommets se répercutent en Périgord avec un retard conséquent. On note aussi l’effet temporisateur des barrages sur la Vézère, la Corrèze en étant dépourvue, tout ce qui tombe du ciel est évacué sans délai, sans amortissement. Mais au final, quand tous les barrages sont pleins, il faut évacuer l’eau vers le bas, il n’y a pas d’alternative. Les crues majeures, comme en 1960 sont le résultat de pluies exceptionnelles de fortes intensités, se prolongeant et concernant la totalité du bassin versant, soit de l’amont.

Le spectacle des objets flottants pas toujours identifiés qui passent sous le pont
La place d’Armes en petite Venise.
La rue de l’Archiprêtre Noël
La place d’Armes vue depuis le quai Mérilhou