Bruno Maureille bouleverse la classification de nos ancêtres

Samedi 9 décembre au Musée National de Préhistoire des Eyzies, devant un auditorium comble et devant un auditorium comble et de hauts niveaux*, Bruno Maureille a exposé sa théorie sur ce que l’on pourrait nommer « Homo sapiens », celle de Cro-Magnon, soit l’homme moderne. Depuis quelques dizaines d’années, les chercheurs multiplient les espèces voisines, ils identifient celles-ci en fonction de caractéristiques anatomiques du squelette, plus particulièrement de leur crâne, et génétiques en analysant le patrimoine génétique ou l’ADN mitochondrial*. On en compterait 25 à 26 espèces selon le décompte d’Antoine Balzeau, cela continuer et pourrait continuer longtemps. Pour Bruno Maureille, c’est beaucoup trop pour des populations qui ont rapidement peuplé toute l’Eurasie, nos ancêtres étaient des nomades, ils avaient la bougeotte. La notion d’espèce nécessite que pour se constituer et évoluer comme telle, des groupes se soient isolés suffisamment longtemps pour se différencier. S’il y a eu régulièrement des contacts entre ces groupes, si les migrations étaient courantes, comment une espèce aurait-elle eu le temps de se différencier ?

Bruno Maureille lors la projection du Fils de Neandertal ou le secret de nos origines en juin 2017

Base de ces classifications, la variabilité des caractéristiques physiques, mais celle-ci est déjà importante au sein de groupes trouvés ensembles que ces mêmes individus retrouvés séparément en d’autres lieux auraient été considérés comme membres d’espèces différentes. Monsieur Maureille, comme David Lordkipanidze, propose une théorie hardie, argumentée, obtenue en brassant une multitude de découvertes archéologiques et d’analyses de l’ADN fossile : Tous les hommes proches de l’homo sapiens sapiens formeraient une seule espèce « Homo sapiens », depuis l’Homo sapiens erectus, renommant en passant Homo sapiens neandertalensis, faisant remonter cette lignée à 1 million d’années. Cette théorie fait débat, mais la réflexion de monsieur Maureille pourrait s’assimiler à celle d’un cosmologiste par rapport aux observations des astronomes ; il prend de la hauteur et fournit une explication globale qui nécessitera évidemment d’être confirmée par de futures découvertes et analyses, l’essence même de la démarche scientifique.

Deux de ses publications :

  • La Recherche n° 491, septembre 2014, p 35-41 : Un nombre d’espèces en constante évolution.
  • Géochronique n°142 (Société Géologique de France) Regards sur l’évolution de l’homme, juin 2017 pages 50 à 53, Homo sapiens & co : qu’appelle-t-on homme moderne.
L’auditorium était comble après l’AG de la SAMRA, mais aussi pour Bruno Maureille qui est bien connu ici

 

L’article ne sera publié que sous une forme minimaliste dans Sud-Ouest, je le poste ici.

 

* Après l’AG de la (SAMRA).

** ADN intracellulaire, mais hors du noyau, transmise par les mères.