Bouilhac, hôtel ou maison d’hôtes ?

Qui est la princesse qui a posé un baiser sur le front de l’Hôtel de Bouilhac pour le réveiller ? Karine Maury, Marie-Christine Mecoen ou Christophe Maury (euh !) ? On ne sait, le fait est qu’en seulement sept mois, cette grande bâtisse délaissée du XVIIe siècle s’est métamorphosée en un lieu d’hébergement d’exception. Faut-il l’appeler hôtel ou maison d’hôtes… C’est ce dernier concept qui a présidé à son aménagement sous la patte de Marie-Christine Decoen. Nous dirons que c’est un hôtel restaurant, puisque l’établissement annonce cent vingt couverts, dont quarante en intérieur, avec une dizaine de chambres. Ce lieu inhabité depuis longtemps est devenu un établissement de luxe de luxe au bout de sept mois, et à la date prévue, samedi 10 juin 2017, en quelque sorte une opération commando réalisée avec les artisans du secteur. Les chiffres : 1 028 mètres carrés, deux étages, dix chambres dont une grande suite avec l’une des terrasses et une seconde plus petite, l’ensemble pouvant accueillir trente personnes. Mais aussi, sept kilomètres de tuyaux de cuivre, huit de fibres optiques et neuf de câbles et, en sus deux propriétaires, plus d’une dizaine de personnes y travailleront toute l’année.

Une vue depuis le second étage
La cour intérieure qui a été entièrement dallée

Karine et Christian Maury voulaient faire revivre ce lieu sans altérer son âme, de plus, Christophe souhaitait renouer avec son ancien métier, cuisinier, abandonné le temps d’une carrière professionnelle plus rémunératrice du côté de l’Alsace. Revenir en Dordogne, dans la vallée de la Vézère, comme il nous l’avait confié il y a trois mois. Des choix salués par tous ceux qui ont découvert l’Hôtel ce samedi, à commencer par Germinal Peiro qui a rappelé que le tourisme était la première ressource du département, avant l’industrie et l’agriculture.

 

Laurent Mathieu, maire de Montignac, Christian Teillac, élu départemental, Germinal Peiro, président du Conseil départemental, Karine et Christophe Maury, les propriétaires initiateurs du projet
La petite salle du restaurant, avec le sellier
L’ancienne cuisine qui a été conservée avec ses décors d’origine, et qui est destinée à recevoir de petite réception… de famille

L’établissement est affilié au groupe aquitain à vocation nationale Millésime, hôtel et restaurant de collection. Millésime, une association d’investisseurs qui veulent retrouver l’art de vivre « à la française », ce subtil mélange de paysages, de bâtiments, de bonne cuisine et de grands vins… Ils pilote ou chapeaute (ce n’est pas clairement exprimé dans leur plaquette) quatre hôtels et deux restaurants autour de Bordeaux, Bouilhac y est encore référencé comme projet avec deux autres, l’un à La Baulle et l’autre en Champagne, plus Instant Lodge, un lieu éphémère.

 

L’escalier dont les marches présentent une usure signe d’un ancien usage, mais tout à fait praticables.

 

Quelques pièces du premier étage

La chambre du maitre, la grande suite
La salle du petit déjeuner

Sur le portail il est inscrit « Rêve, histoire et gourmandise », tout un programme, dont la mise en œuvre esthétique a été confiée à Marie-Christine Decoen. Pour ce faire, elle s’est inspirée de la Vézère, de sa quiétude, son authenticité, mais aussi des grottes et des minéraux de la région pour habiller l’intérieur. Un linéaire en ruban gros grain rappelant la rivière se répétant sur tous les rideaux des chambres , chaque de ces chambres ayant sa propre personnalité. Les éléments préexistants ont été réutilisés, comme ce buffet bas d’environ six mètres de largeur qui a été descendu d’un étage. Une salle conviviale de petit déjeuner au premier, si les clients le souhaitent, sinon ils peuvent être servis dans leur chambre ou au restaurant. L’ancienne cuisine a été réaménagée à l’identique de ce qui existait précédemment, pouvant devenir une salle pour des repas familiaux le dimanche, entre autres.

Une chambre du second étage

Et déjà une récompense, Jean-Luc Soulé, en tant que président de l’Amicale des Périgourdins de Paris, a annoncé aux propriétaires qu’ils étaient les lauréats 2017 du prix de la Truffe