76 ans que le toujours jeune Simon Coencas…

Avec trois autres camarades légèrement plus âgés, il a pénétré dans les entrailles de la Terre par un étroit goulet caché par des buissons sur la colline de Lascaux. En cette sombre année 1940, plutôt même cette longue et noire période, un fait divers anodin va changer l’histoire de ce coin du Périgord noir, sur la vallée de la Vézère qui en avait déjà vu beaucoup d’autres.

Reception Aux Berges de la Vézère avec Germinal Peiro et Simon Coencas
Germinal Peiro accueille Simon Coencas à Montignac

Ces quatre jeunes téméraires : Marcel Ravidat 18 ans, Jacques Marsal presque 15 ans, Georges Agniel 15 ans et Simon Coencas 13 ans, se sont glissés dans ce boyau avec un équipement des plus rudimentaire. L’inventeur est clairement Marcel Ravidat, c’est sur son initiative personnelle qu’a été menée l’exploration avec du matériel de fortune qu’il avait emporté. Ces jeunes ont découvert les peintures, mais pas immédiatement, dans une grotte, ont regardé d’abord où l’on met les pieds. Surpris par la richesse et l’ampleur de leur découverte, ils en font part à Léon Laval un jeune retraité, ancien instituteur. Instantanément, celui-ci comprend le caractère exceptionnel de cette découverte, puis vint l’abbé Henri Breuil qui confirma, et tous les autres, et les autres encore, tous pour en finir par ces gigantesques travaux aux portes de la petite Montignac.

Réinauguraton de la stèle des quatre découvreurs à côté de Lascaux II avec Germinal Peiro et Simon Coencas
Réinauguraton de la stèle des quatre découvreurs, déplacée à côté de Lascaux II, Germinal Peiro, Simon Coencas, Thierry Félix, mesdames Agniel et Ravidat et Laurent Mathieu

Lascaux, en quelque sorte une bouteille à la mer, une cavité rocheuse contenant des messages que l’on ne sait pas encore décrypter, que nous ont légué des hommes si proche et si lointain. En tout, l’on recense à ce jour quelque mille six cents gravures et six cents peintures (on en découvre encore). Qui sont les auteurs, pourquoi ont-ils gravé et peint cela et ici, bien des questions qui restent encore en suspend, même si les avis, les théories se bousculent. Cet art pariétal (sur les parois) ou rupestre (sur des rochers), les termes sont plus ou moins synonymes pour les dictionnaires, nous est miraculeusement parvenu presque vingt mille ans plus tard.

Réinauguraton de la stèle des quatre découvreurs à côté de Lascaux II avec Germinal Peiro et Simon Coencas
Réinauguraton de la stèle des quatre découvreurs à côté de Lascaux II avec Germinal Peiro, Simon Coencas et Thierry Félix

Réinauguraton de la stèle des quatre découvreurs à côté de Lascaux II avec Germinal Peiro et Simon Coencas

Réinauguraton de la stèle des quatre découvreurs à côté de Lascaux II avec Germinal Peiro et Simon Coencas
La stèle des quatre découvreurs

 

Dimanche après-midi, au Prieuré, nous avons été quelques-uns (plutôt quelques-unes et moi…) à écouter monsieur Coencas qui se promenait avec sa petite fille et son fils. L’on a appris ce que vous savez déjà peut-être, qu’il a failli connaitre les camps de concentration.

Qittant Montignac et de retour à Paris, Simon Coencas ne sera pas épargné par la guerre. En 1942, il est arrêté avec sa famille et détenu un moment à Drancy. S’il a été relâché, c’est qu’à ce moment-là, il lui manqué un an pour pouvoir être déporté ; son fils signale qu’à cette période la population française (ou parisienne) avait manifesté une forte réprobation face à l’enfermement et la déportation des enfants, même si l’on ne connaissait pas à l’époque le devenir des déportés ; les parents de Simon n’ont pas échappé à cette ignominie. Il se souvient de l’un de ses camarades, juste un peu plus vieux que lui, qui a réussi à s’échapper du train et qu’il a par hasard rencontré à Paris à la libération.

Ce vieil enfant est âgé de 89 ans a toujours le sourire, de la vivacité d’esprit et de la joie de vivre, lui que la vie n’a pas épargné. Il a même un peu joué contre son camp ce grand fumeur, ce qui lui a valu deux pontages cardiaques et un cancer. Face aux reproductions de Lascaux IV, dont je parlerai dans un autre article, il avait encore ce regard émerveillé de l’enfance, rester jeune dans sa tête, cela conserve. Il apprécie bien sûr toutes ses marques de reconnaissance, ces honneurs officiels. Malgré qu’il doive placer le pouce sur sa trachéotomie pour parler, il est volubile, dès qu’on lui pose des questions, il raconte, raconte, il faudrait presque l’arrêter ; longue vie à vous monsieur Coencas.

Sur le site de Lascaux IV, à l'intérieur du Facsimilé avec Germinal Peiro et Simon Coencas
Sur le site de Lascaux IV, à l’intérieur du Facsimilé, Germinal Peiro, Simon Coencas et , derrière le micro, Alain Rassat

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